Patriculture: Difference between revisions
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* une base conceptuelle pour la protection juridique des corpus augmentés privés, | * une base conceptuelle pour la protection juridique des corpus augmentés privés, | ||
* une redéfinition du rapport entre IA et patrimoine culturel. | * une redéfinition du rapport entre IA et patrimoine culturel. | ||
== Références == | == Références == | ||
* Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, UNESCO, 17 octobre 2003. | * Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, UNESCO, 17 octobre 2003. | ||
* Travaux exploratoires MontpeLLIA sur le PCI augmenté et les corpus augmentés privés. | * Travaux exploratoires MontpeLLIA sur le PCI augmenté et les corpus augmentés privés. | ||
Revision as of 12:14, 15 January 2026
La pratique du projet MontpeLLIA, la prise en compte des aspirations des personnes rencontrées, et le niveau et la portée de leur prise de conscience, montre l'émergence d'une classe nouvelle d'utilisateurs de l'IA qui se voudraient intellectuellement "possesseurs de" et non-pas d'avoir le sentiment d'être "possédés par" leur IA. Nous les nous nommerons les "patriculteurs".
Définition
Un patriculteur est une personne (ou un collectif restreint) qui entreprend délibérément la constitution, la structuration, la conservation et la transmission d’un patrimoine culturel destiné à former la base de connaissances d’une intelligence artificielle, dans une perspective personnelle, civique ou patrimoniale.
La pratique correspondante est nommée patriculture.
Le patriculteur se distingue par une intention explicite de patrimonialisation de l’immatériel, en dehors des logiques industrielles de production de données ou de simple consommation d’outils d’IA.
Nature du concept
Le concept de patriculteur relève :
- de l’anthropologie du savoir,
- du droit du patrimoine culturel immatériel,
- et de l’intellitique (science exploratoire de la co-noèse).
Il désigne une posture épistémique avant de désigner un rôle technique.
Fondement patrimonial (Convention UNESCO 2003)
La patriculture trouve un fondement juridique et conceptuel explicite dans la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adoptée le 17 octobre 2003 par l’:contentReference[oaicite:0]{index=0}.
La Convention définit le patrimoine culturel immatériel comme :
- « les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire […] que des communautés, des groupes et, le cas échéant, des individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel ».
Cette mention explicite des individus comme porteurs légitimes de patrimoine culturel immatériel constitue le socle juridique permettant de reconnaître :
- la patriculture comme pratique patrimoniale,
- le patriculteur comme détenteur d’un PCI individuel,
- la légitimité de dispositifs de conservation et de transmission numériques portés par des personnes.
La patriculture peut ainsi être comprise comme une modalité contemporaine de sauvegarde du PCI, adaptée aux environnements numériques et aux intelligences artificielles.
Patriculteur et intelligence artificielle
Dans la posture patriculturale :
- l’IA n’est pas considérée comme sujet de connaissance,
- mais comme dispositif technique de traitement, d’activation et de confrontation du patrimoine constitué.
L’IA intervient :
- en aval de la constitution patrimoniale,
- comme opérateur de reformulation, de navigation et de co-noèse,
- sans se substituer à la noèse humaine.
Articulation avec le mnémosome
Le mnémosome constitue la forme stabilisée et transmissible du patrimoine cultivé par le patriculteur.
Un mnémosome est :
- un compendium structuré et autoportant,
- conservant l’état complet d’un mnème à un moment donné,
- destiné à préserver la compréhension acquise et à permettre sa reprise ultérieure.
Dans ce cadre :
- le patriculteur est le cultivateur du mnème,
- le mnémosome en est la sauvegarde patrimoniale explicite,
- l’IA peut être alimentée ou confrontée à ce mnémosome sans en devenir propriétaire.
Articulation avec le corpus augmenté privé
Le corpus augmenté privé désigne l’ensemble documentaire, annoté et structuré, par lequel le patriculteur :
- rassemble ses sources,
- formalise ses raisonnements,
- explicite ses choix interprétatifs,
- prépare l’usage par une IA (notamment via des dispositifs de type RAG).
Le corpus augmenté privé :
- constitue la matière vivante de la patriculture,
- peut évoluer dans le temps,
- peut donner lieu à des versions successives de mnémosomes,
- relève d’un droit d’auteur et d’un droit patrimonial immatériel.
Distinction avec d’autres figures
Le patriculteur se distingue :
- de l’utilisateur standard d’IA (consommation),
- du producteur de données (extraction),
- du développeur d’IA (infrastructure),
- du chercheur institutionnel (production académique).
Il assume une fonction de :
- gardien,
- cultivateur,
- et transmetteur du patrimoine immatériel qu’il constitue.
Enjeux intellitiques
La reconnaissance des patriculteurs ouvre :
- un champ nouveau de pratiques civiques du savoir,
- une alternative aux modèles centralisés de captation cognitive,
- une base conceptuelle pour la protection juridique des corpus augmentés privés,
- une redéfinition du rapport entre IA et patrimoine culturel.
Références
- Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, UNESCO, 17 octobre 2003.
- Travaux exploratoires MontpeLLIA sur le PCI augmenté et les corpus augmentés privés.