MLIA - La Recherche citoyenne

From MontpeLLIA
Revision as of 13:34, 10 December 2025 by Sysop (talk | contribs)
(diff) ← Older revision | Latest revision (diff) | Newer revision → (diff)
Jump to navigation Jump to search

Depuis plusieurs décennies, des formes nouvelles de participation à la production de savoir se sont développées, en dehors des cadres académiques, industriels ou administratifs traditionnels. On les regroupe aujourd’hui sous les expressions de sciences citoyennes ou de recherche citoyenne.

Il convient de distinguer deux dynamiques complémentaires :

  • La science citoyenne participative, où des citoyens contribuent à des projets pilotés par des institutions (universités, organismes publics), notamment par la collecte de données, l’observation, ou la diffusion de résultats. Cette forme s’est largement développée dans les sciences de l’environnement, de la santé ou du patrimoine.
  • La recherche citoyenne autonome ou hors murs, portée par des individus ou des collectifs qui définissent eux-mêmes les objets, les méthodes et les finalités de leurs travaux. Elle mobilise des savoirs parfois hybrides (expérience vécue, mémoire sociale, pratiques professionnelles, techniques numériques) et peut produire des résultats originaux, notamment dans les domaines où les enjeux sont directement vécus.

Ces deux formes, bien que distinctes, participent à une évolution globale du système de production des connaissances. Ensemble, elles dessinent les contours d’un quatrième pôle de la recherche, à côté des pôles universitaire, institutionnel et industriel. Ce pôle citoyen apporte des perspectives souvent inaccessibles aux autres, en raison de sa proximité avec les situations vécues, de sa souplesse méthodologique, et de sa capacité à articuler des logiques de terrain, d’usage et de transmission culturelle.

Dans un contexte où l’intelligence artificielle s’intègre aux institutions publiques, aux environnements sociaux et aux cultures locales, ce pôle citoyen joue un rôle clé pour garantir la pertinence, la légitimité et la lisibilité des outils mis en œuvre. Il en va notamment de la capacité collective à comprendre, accompagner et orienter ces technologies dans des contextes complexes, sensibles et évolutifs